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Testament et citations de Sainte Jeanne d’Arc

Testament de Sainte Jeanne d’Arc

« Jeanne d’Arc ne sachant ni lire, ni écrire, nous gardons uniquement les minutes du procès de Jeanne d’Arc dont je vous propose les derniers extraits du jour de sa condamnation et de son execution. »

Le mardi 29 mai, l’évêque de Beauvais fit citer Jeanne par huissier pour comparaître sur la place du Vieux-Marché et entendre la sentence de condamnation. Jean Massieu alla donc lui signifier la citation. Elle fut faite à Jeanne le mercredi matin, 30 mai. Frère Martin Ladvenu était envoyé par l ‘évêque, avec frère Jean Toutmouillé, pour exhorter la condamnée et la préparer à la mort.

MARTIN LADVENU. – Monseigneur l’évêque de Beauvais nous a envoyés vers vous pour vous

annoncer la mort prochaine, et pour vous induire à vraie contrition et pénitence, et aussi pour vous

ouïr en confession. Frère Toutmouillé qui nous rapporte cette scène, nous dit que frère Martin s’acquitta de sa mission « moult soigneusement et charitativement. Et quand il annonça à la pauvre femme la mort de quoi elle devait mourir ce jour-là, que ainsi les juges l’avaient ordonné et entendu, et qu’elle eut ouï la dure et cruelle mort qui lui était prochaine, elle commença de s’écrier douloureusement et piteusement, se tirer et arracher les cheveux. »

JEANNE. – Hélas ! me traite-t-on ainsi horriblement et cruellement, qu’il faille que mon corps net en entier, qui ne fut jamais corrompu, soit aujourd’hui consumé et rendu en cendres ! Ha ! Ha ! j’aimerais mieux être décapitée sept fois que d’être ainsi brûlée ! Hélas ! si j’eusse été en la prison ecclésiastique à laquelle je m’étais soumise, et que j’eusse été gardée par les gens d’Église, non pas par mes ennemis et adversaires, rien ne me fût si misérablement mal advenu, comme il en est. Oh ! j’en appelle devant Dieu, le grand Juge, des grands torts et ingravances qu’on me fait. « Et elle se complaignait merveilleusement en ce lieu, ainsi que dit le déposant, des oppressions et violences qu’on lui avait faites en la prison par les geôliers, et par les autres qu’on avait fait entrer vers elle. » C’est alors qu’entrèrent Pierre Morice et Loyseleur.

LOYSELEUR. – Jeanne, nous vous exhortons pour le salut de votre âme. Est-il vrai que vous eûtes ces voix et apparitions ?

JEANNE. – Oui.

PIERRE MORICE. – Ces apparitions étaient-elles réelles ?

JEANNE. – Oui, et réellement, soit bons, soit mauvais esprits, ils me sont apparus. J’entendais les voix surtout à l’heure de compiles, quand les cloches sonnaient ; et aussi, le matin quand les cloches sonnaient. J’ai eu des apparitions, qui venaient à moi, tantôt en grande multitude, et tantôt en petite, sous forme de choses très petites.

UN DES ASSISTANTS. – Croyez-vous que ces apparitions ou voix procèdent de bons ou de mauvais esprit ? JEANNE. – Je m’en attends à ma mère l’Église. C’est un peu après qu’entrèrent l’Évêque et le vice-inquisiteur.

JEANNE. – Évêque, je meurs par vous !

L’ÉVÊQUE. – Ha ! Jeanne, prenez en patience. Vous mourez pour ce que vous n’avez tenu ce que vous nous aviez promis, et que vous êtes retournée à votre premier maléfice.

JEANNE. – Hélas ! si vous m’eussiez mise aux prisons de cour d’Église, et rendue entre les mains des concierges

ecclésiastiques compétents et convenables, ceci ne fût pas advenu. Pourquoi j’appelle de vous devant Dieu.

L’ÉVÊQUE. – Or ça, Jeanne, vous nous avez toujours dit que vos voix vous disaient que vous seriez délivrée, et vous voyez maintenant comment elles vous ont déçue. Dites-nous maintenant la vérité.

JEANNE. – Vraiment, je vois bien qu’elles m’ont déçue.

L’ÉVÊQUE – Vous pouvez bien voir que ces voix n’étaient pas de bons esprits, et qu’elles ne venaient pas de Dieu. Car, si cela était, jamais elles n’auraient dit faux ou n’auraient menti.

LOYSELEUR. – Pour ôter l’erreur que vous avez semée dans le peuple, il vous faudrait avouer publiquement que vous avez été jouée, et que vous avez joué le peuple, en ayant ajouté foi à de telles révélations, en ayant exhorté le peuple à y croire, et il vous faudrait demander humblement pardon pour cela.

JEANNE. – Volontiers le ferai, mais je n’espère pas m’en souvenir quand besoin en sera, à savoir quand je serai en jugement public. Remettez-moi cela en mémoire ainsi qu’autres choses concernant mon salut.

Après ce dernier avertissement, Jeanne fut laissée quelque temps seule avec Martin Ladvenu, frère prêcheur, à qui elle se confessa, et auquel elle demanda la communion. Très perplexe, celui-ci envoya Jean Massieu avertir

l’Evêque de ce que Jeanne demandait. Une courte réunion fut tenue, et l’Évêque fit cette réponse étrange :

L’ÉVÊQUE – Dites à frère Martin qu’il lui baille le sacrement d’eucharistie, et tout ce qu’elle

demandera ! Jean Massieu revint à la prison, et transmit l ‘ordre à Martin Ladvenu. Un certain maître Pierre apporta donc le corps du Christ, de façon très irrévérencieuse, sans lumière, sans étole, simplement posé sur la patène du calice et recouvert du linge.

Frère Martin, mécontent fit aller quérir une étole et de la lumière.

Au moment de lui donner la communion, frère Martin, tenant l’hostie consacrée entre ses doigts, dit à Jeanne:

FRÈRE MARTIN. – Croyez-vous que ce soit là le corps du Christ ?

JEANNE. – Oui, et le seul qui me puisse délivrer. Je demande qu’il me soit baillé ! Au témoignage de Ladvenu, Jeanne reçut la communion avec grande dévotion, beaucoup de larmes et humilité. « Cela ne se saurait décrire » C ‘est à un moment de cette matinée, on ne sait lequel, qu’elle demanda à maître

Pierre Morice :

JEANNE. – Maître Pierre, où serai-je ce soir ?

PIERRE MORICE. – N’avez-vous pas bonne espérance Seigneur ?

JEANNE. – Oui, et, Dieu, aidant, je serai en paradis.

A huit heures (Le mercredi 30 Mai 1431), Jeanne fut revêtue de la tunique de toile écrue et soufrée, coiffée d’une mitre où on lisait : «hérétique, relapse, apostate, ydolastre ». On la fit monter sur la charrette du bourreau Thierrache, et elle arriva sur la place du Vieux-Marché de Rouen où une foule énorme était réunie. On la mit sur un échafaud. En face d’elle se trouvait le bûcher, qui était très élevé de sorte que le bourreau ne pût atteindre l’accusée, et abréger ses souffrances, comme on avait l’habitude de faire. Le clergé se tenait sur une tribune, et les juges civils sur une autre. Maître Nicolas Midi, insigne docteur en théologie, prêcha sur ce thème : « Si un membre souffre, tous les autres souffrent avec lui » (saint Paul aux Corinthiens, 1). Il conclut par la formule habituelle.

NICOLAS MIDI. – Jeanne, va en paix, l’Église ne peut plus te défendre, et te remet au bras séculier.

L’ÉVÊQUE. – Nous admonestons de nouveau Jeanne de penser au salut de son âme, de songer à ses méfaits, en faisant pénitence et assumant vraie contrition. Nous l’exhortons à croire le conseil des clercs et hommes notables, qui l’enseignent et l’instruisent des choses qui touchent son salut, et spécialement le conseil des deux vénérables frères prêcheurs qui sont auprès d’elle, que nous lui avons baillés pour l’instruire sans relâche et lui prodiguer dans leur zèle salutaire admonitions et conseils salvateurs.

JEANNE. – Benoîte Trinité ! Benoîte glorieuse Vierge Marie ! Benoîts saints de paradis ! sainteCatherine ! sainte

Marguerite ! saint Michel ! saint Gabriel ! saint Denis ! Ha ! Rouen, Rouen, seras-tu ma maison ! Rouen ! Rouen ! mourrai-je ici ? Je requiers à toutes manières de gens, de quelque condition ou état qu’ils soient, tant de mon parti que d’autre, merci humblement. Qu’ils veuillent prier pour moi ; je leur pardonne le mal qu’ils m’ont

fait. Je demande pardon aux Anglais et aux Bourguignons, pour ce que j’en ai fait occire, et mis en fuite, et que je leur ai causé beaucoup de dommages. Je demande à tous les prêtres ici présents que chacun d’eux me donne une messe. Elle continua ainsi à se plaindre et à implorer, pendant une demi-heure, dit Jean Massieu. Autour d’elle la foule pleurait, sauf quelques Anglais qui s’efforçaient de rire. Puis l’Évêque se décida à lire la sentence, qui se terminait ainsi : « …par cette sentence, que siégeant en ce tribunal, nous portons en cet écrit et prononçons, nous décrétons que, tel un membre pourri, pour que tu n ‘infectes pas aussi les autres membres, tu dois être rejetée de l’unité de l’Église, retranchée de son corps, livrée à la puissance séculière, et nous te rejetons, retranchons et abandonnons, priant toutefois la même puissance séculière de modérer envers toi sa décision, en deçà de la mort et de la mutilation des membres ; et si de vrais signes de pénitence

apparaissent en toi, que le sacrement de pénitence te soit administré. »

JEANNE. – Je recommande mon âme à Dieu, à la Bienheureuse Marie, à tous les saints. Je les invoque. Je demande pardon aux juges, aux Anglais, au roi de France, à tous les princes de mon royaume. Jamais je n’ai été induite par mon Roi à faire ce que j’ai fait, soit bien, soit mal. Je demande à avoir la croix.

« Ce ayant, un Anglais qui était là présent, en fit une petite de bois, du bout d’un bâton, qu’il lui baîlla. Et dévotement elle la reçut, et la baisa, en faisant piteuses lamentations et reconnaissances à Dieu notre Rédempteur qui avait souffert en la croix pour notre rédemption ; de laquelle croix elle avait le signe et représentation, et mit icelle croix en son sein, entre sa chair et ses vêtements.»

JEANNE, à Ysambart et Jean Massieu. – Je vous supplie humblement que vous alliez en l’église prochaine et que vous m’apportiez la croix, pour la tenir élevée tout droit devant mes yeux jusques au pas de la mort, afin que la croix, où Dieu pendit, soit en ma vie continuellement devant mes yeux. Jean Massieu fit apporter la croix par le clerc de la paroisse de Saint-Sauveur. Jeanne l’embrassa « moult étroitement et longuement » et la tint jus- ‘ qu’à ce qu’elle fût liée au poteau.

JEANNE. – Je me recommande à Dieu, au bienheureux Michel, à la bienheureuse Catherine, à tous les saints. Je salue tous ceux qui sont présents. Pendant que Jean Massieu s’efforçait de réconforter Jeanne, les Anglais commençaient à l’impatienter. L’un d’eux lui cria : Comment, prêtre, nous ferez-vous ici dîner ? On fit donc descendre Jeanne de son échafaud pour la mener devant le bailli qui, seul, avait pouvoir de la condamner. Mais celui-ci ne se donna pas cette peine, et aucune sentence légale ne fut rendue contre Jeanne

LE BAILLI (LE BOUTEILLER). – Conduisez-la ! Conduisez-la ! (Il fait signe de la main aux gardes et dit au bourreau : ) Fais ton devoir. On mena Jeanne au bûcher pendant qu’elle continuait à invoquer les saints et les saintes.

JEANNE. – Ha ! Rouen, j’ai grand’peur que tu n’aies à souffrir de ma mort ! Le bourreau la lia au poteau.

JEANNE. – Saint Michel ! saint Michel ! Le feu fut allumé. Inquiète pour les deux frères : prêcheurs, elle leur dit de s’écarter.

JEANNE. – Descendez, et levez haut la croix du Seigneur, que je puisse la voir. De l’eau bénite ! Jésus ! Dans les flammes, on l’entendait répéter « au moins six fois » le nom de Jésus.

JEANNE. – Jésus ! Jésus ! Jésus ! Jésus ! Jésus ! Jésus ! Puis Ladvenu l’entendit qui disait :

JEANNE. – Les voix que j’aie eues étaient de Dieu. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait par le commandement de Dieu ! Non, mes voix ne m’ont pas déçues. Les révélations que j’ai eues étaient de Dieu. Enfin, au moment de mourir, elle cria, d’une voix très forte :

JEANNE. – Jésus ! On sait que le bourreau ne put arriver à réduire en cendres le cœur de Jeanne, et que celui-ci fut jeté à la Seine avec le reste. Le peuple murmurait qu’on avait fait une grande injustice, et Jean Tressart, secrétaire du roi d’Angleterre, résumait l’opinion de tous en revenant du lieu du supplice :

JEAN TRESSART – Nous sommes tous perdus ! Nous avons brûlé une sainte ! Et maître Jean Alespée, chanoine de Rouen et un des juges, avouait le jour même :

JEAN ALESPÉE. – Je voudrais que mon âme fût où qu’est l’âme de cette femme.

Citations de Sainte Jeanne d’Arc

Voici des extraits du livre « Jeanne d’Arc » par Gabriel Hanotaux

« On accepte, généralement, comme date de la naissance de Jeanne, le 6 Janvier 1412. Ses parents eurent cinq enfants, trois fils et deux filles. Jeanne, la plus jeune des filles, fut baptisée à Domremy. »

« Jeanne d’Arc est venue parce que son siècle était malheureux : si elle est sortie de son village, si elle a combattu, c’est « parce qu’il y avait une grande pitié au royaume de France » »

« A un demi-lieue de la maison de Jeanne, sur le coteau, un bois de chêne domine la vallée : c’est le bois « chenu » : à ce fait on rattache une prophétie plus ou moins authentique, attribuée à Bède le Vénérable, à Merlin, à la Sibylle, annonçant qu’une vierge viendrait pour le salut du royaume »

Entre 1420 – 1425 : « A Vaucouleurs et dans la région, tandis que les pays voisins, notamment la Champagne, la Lorraine, le Barrois se sont déclarés anglos-bourguignonne, les cœurs sont restés fidèles à la cause légitime. »

« La guerre de succession de Lorraine éclate en juin 1425. Les populations fuient devant les meurtres, les pillages, les incendies : l’émotion et la crainte se propagent »

« Jeanne comprit qu’elle était choisie par Dieu ; elle finit par s’incliner devant la volonté céleste »

« Malgré son entourage, elle se décida : « Puisque Dieu la commandait, dit-elle elle-même, il la convenait faire ; eut-elle eu cent père et cent mère, eut-elle été fille de roi, qu’elle fut partie quand même »

« Charles VII entretint Jeanne. Elle lui déclara qu’elle s’appelait Jeanne la pucelle, qu’elle était envoyé de par le Roi du ciel pour délivrer Orléans, faire couronner le roi à Reims et chasser les anglais du royaume. »

« Devant cet aéropage, elle ne se montra ni intimidée, ni outrecuidante ; elle affirma sa mission divine, mais en demandant au parti royal de faire l’effort nécessaire pour mériter le succès : En nom Dieu, les guerriers combattront et Dieu leur donnera la victoire »

« Les défenseurs d’Orléans apprirent, enfin, qu’on allait leur envoyer cette merveilleuse Pucelle, qui se disait venue de Dieu spécialement pour les délivrer, avec ce qu’on pourrait d’hommes et de munitions »

« Elle s’était armée, à Tours, d’une armure simple. Pour l’épée, elle demanda que l’on envoya quelqu’un à l’église Sainte Catherine de Fierbois : là, derrière l’autel, on trouverait, dit-elle, une épée gravée de 5 croix sur la lame. On lui demanda si elle avait vu cette épée ; elle répondit que non, mais que ces voix lui avaient révélé qu’on la trouverait en cet endroit … On envoya un armurier qui trouva, en effet, l’épée couverte de rouille au lieu indiqué. A peine l’eut ont essuyé qu’elle devint resplendissante. Cette épée miraculeuse fut remise à Jeanne qui l’a porta jusqu’au moment où, après l’échec devant Paris, elle la brisa… »

« D’après tout ce qui vient d’être dit, il parait bien audit seigneur que Jeanne et son fait, dans ces évènements, étaient, non des hommes, mais bien de Dieu. »
Jean de Dunois

« Selon sa prédiction, elle fut blessée d’un coup de vireton au-dessus du sein ; après un moment de faiblesse, elle se remit comme par miracle. »

« Jeanne d’Arc contenait les soldats et les milices : s’ils attaquent, défendez-vous, sinon, respectez le saint du jour du dimanche »

« L’effet de la délivrance d’Orleans fut considérable. Les circonstances qui l’avaient accompagnée firent que, selon la parole du Roi lui-même, toute la France se félicite de « l’intervention divine ». La Foi dans la mission de Jeanne d’Arc se répandit jusqu’au confins du royaume. La confiance des anglais fut ébranlée. »

« Le sentiment national hésitant jusque-là, se manifesta avec une vivacité extrême ; la France se sentait renaitre. Gens d’armes et gentilhommes accouraient s’enrôler dans les armées royales. »

« L’armée ne pouvant vivre à Orléans, Charles VII s’était rendu de Chinon à Blois, puis à Tours. Il y remit la Pucelle dans une entrevue émouvante et, immédiatement, elle proposa au Dauphin, comme elle l’appelait, de le mener à Reims pour y être sacré »

« Tout le monde était d’accord pour reconnaitre ses extraordinaires aptitudes militaires. »

« L’armée royale était constituée. Après des hésitations et des retards qui se prolongèrent durant tout un mois, on parut se décider à suivre les conseils de Jeanne et à se diriger vers Reims. Le 21 Juin, on mit le siège devant Jargeau. La ville fut prise d’assaut. De l’aveu du duc d’Alençon, qui commandait l’armée royale, le succès fut dû au courage et à l’inspiration de Jeanne qui, quoiqu’elle eût été atteinte par une pierre, quand elle montait à une échelle placée contre la muraille, ramena au combat les troupes ébranlées. »

« La hire conduisait la charge. En un instant, Talbot, Lord Scales, Thomas Rampton, le sire de Honguerfort, les principaux chefs anglais sont faits prisonniers. »

« Talbot, un chef anglais fut prisonnier, aurait dit : Maintenant, le roi Charles est maitre de tout ; il n’y a plus de remède. »

Sur le couronnement de Reims : « On sentait que le couronnement du roi à Reims serait un acte décisif aux yeux de la population du royaume et même aux yeux des adversaires. Le couronnement était une consécration ; l’intervention divine en faveur de la dynastie des Valois, attestée par la mission de Jeanne d’Arc, se trouverait confirmée par cette cérémonie traditionnelle. »

Sur la prise de Troyes par l’armée royale Jeanne dit au roi : « Gentil roi de France, si vous voulez demeurer devant votre ville de Troyes, elle sera en votre obéissance dans deux ou trois jours, soit par force, soit par amour ; et n’en faites aucun doutes »

Sur la cérémonie du sacre de Reims : « Elle eut lieu, le lendemain de l’arrivée du Roi, selon le rite consacré… Les hauts personnages de la cour prirent place en fonction de suppléants. Le maréchal de Boussac, l’amiral de Culant, les sires de Graville et de Rais allèrent, à cheval, chercher la sainte ampoule à l’abbaye de saint Remi. »

Après le sacre du roi, Ste Jeanne d’Arc s’agenouilla, l’étendard à la main. Elle priait et lorsqu’elle vu le roi sacré, elle dit : « O gentil roi, maintenant est fait le plaisir de Dieu, qui voulait que je fisse lever le siège d’Orléans et que je vous amenasse en votre cité de Reims recevoir votre saint sacre, montrant que vous êtes vrai roi, et qu’à vous doit appartenir le royaume de France »

Après le sacre : « Mais si les populations du royaume sont fières de saluer, auprès du Roi, le miracle de l’intervention divine, voici qu’autour de ce même Roi, l’intrigue persévère et l’emporte. Les partisans du duc de Bourgogne font miroiter l’espoir d’une paix prochaine, à laquelle la Pucelle seule fait obstacle. Des trêves, signées imprudemment, arrêtent l’élan des armées royales, au moment ou Jeanne veut les entrainer à l’assaut de Paris »

Après l’échec de Paris : « Jeanne d’Arc, accablée de tristesse, découragée, alla déposer ses armes sur le tombeau du saint, protecteur de la France. »

« L’échec de Paris fut un coup sensible pour le prestige de la Pucelle. Elle avait promis de ramener le Roi dans la capitale, cette promesse ne se réalisait pas »

« L’inaction lui pesait. Durant tout l’hiver, elle se conforma à la volonté du Roi…Des groupes de partisans royaux s’approchaient de la capitale et, le 23 mars, surprenaient Saint Denis. Elle n’y tint plus et le 23 Avril, elle prétexte d’aller à quelques « ébats », elle monta à cheval et se porta vers Paris par Melun et Lagny-sur-Marne. A Melun, ses voix lui annoncèrent qu’elle serait prise avant la Saint Jean. »

Lors du siège de Compiègne : Elle ne voulait pas reculer pour rentrer dans la ville et s’attardait à combattre, « demeurant derrière comme chef, et comme la plus vaillante du troupeau » ; son écuyer prit son cheval par la bride pour la ramener en arrière. Il était trop tard. Le pont avait été levé. Jeanne entourée par les ennemis, tirée à bas de son cheval, renversée, dut se rendre à un archer du batard de Wandom, vassal de Jean de Luxembourg, lui-même lieutenant du duc de Bourgogne. »

« A la suite d’un procès ou l’iniquité des juges, le dispute à la candeur, à la noblesse, à la pureté de la victime, elle fut condamnée comme sorcière, blasphématrice, hérétique, séditieuse, apostate, schismatique, relapse, et brulée, le 30 Mai 1431, sur la place du Vieux-Marché, à Rouen. »