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Testament et citations de Saint Louis

Testament de Saint Louis roi de France

Beau fils, la première chose c’est que tu mettes ton cœur à aimer Dieu…

Aie le cœur doux et compatissant aux pauvres, aux malheureux, aux affligés, et les confortes et les aides en ce que tu pourras. 

Maintiens les bonnes coutumes du royaume et abats les mauvaises. Ne convoite pas contre ton peuple et ne charge pas ta conscience d’impots et de taille si ce n’est pas grande nécessité. 

Que nul ne soit si hardi de dire devant toi une parole qui attire ou exite au péché, ni de médire d’autrui par derrière…

Pour rendre la justice et faire droit à tes sujets, sois loyale et roide, sans tourner à gauche ni à droite, mais toujours du côté du droit, et soutien la plainte du pauvre jusqu’à tant que la vérité soit déclarée. 

Et si quelqu’un à une action contre toi, ne crois rien jusqu’à tant que tu saches la vérité, pour toi ou contre toi. Si tu tiens rien qui soit à autrui, soit par toi, soit par tes devanciers, rend le sans tarder. 

Si la chose est douteuse, fais-en faire enquête. 

Surtout, garde les bonnes villes et les coutumes de ton royaume dans la franchise ou tes devanciers les ont gardées. S’il y a quelque chose à amender, amende le, redresse le en franchise et en amour. 

Si des guerres et des contentions s’élèvent entre toi et tes sujets, apaise les au plus tôt que tu pourras. 

Travaille à oter de ton royaume tout vilain péché et spécialement fais tomber de tout ton pouvoir les vilains serments et l’hérésie. 

Prend garde que les réponses de ton hotel soient raisonables…

Et enfin, très doux fils, fais chanter des messes pour mon âme et dire des oraisons par tout le royaume et octroie moi une part spéciale et entière dans tout le bien que tu feras. 

Cher fils, je t’enseigne que tu aimes ta mère et l’honores, que tu retiennes ses bons exemples. Sois enclin à croire à ses conseils. 

Beau cher fils, je te donne toutes les bénédictions qu’un bon père peut donner à son fils. Et que la bénite trinité et tous les saints te gardent et te défendent de tous les maux, et que Dieu t’accorde la grâce de faire toujours sa volonté de sorte qu’il soit honoré de toi, et que toi et moi nous puissions après cette vie mortelle être ensemble avec lui et le louer sans fin.

Citations sur la vie de Saint Louis roi de France  

Voici des extraits du livre « Saint Louis » par Colette Yver

« Pour justice et droiture garder, sois roide et loyal envers tes sujets, sans tourner ni à droite ni à gauche, mais toujours droit. » Saint Louis 

« La France avait un nouveau roi. Ce devait être le plus humble et en même temps le plus grand. Le plus dure à lui-même et le plus juste en ses édits. Le plus modéré et le plus vaillant. Le plus miséricordieux et le plus ferme : le souverain sans qui la France n’eut jamais été ce qu’elle fut. »

Lors du sacre du roi Louis IX : « Mgr Jacques requérait maintenant le serment devant Dieu d’obéir aux 4 engagements principaux des monarques de France : 
– Conserver l’église en paix
– Proscrire et punir toutes rapines et rapicités
– Assurer la justice et la pitié dans les jugements 
– Défendre l’unité religieuse en combattant les hérésies »

« Saint Louis aura pris son peuple par la base. Celui-ci ne lui échappera plus. » 

En parlant du jeune roi de 15 ans : « Comme il combattait pour le bon droit, la justice, la défense de l’opprimé, il était sûr de vaincre. »

« Mais un enfant ne possède pas le sens du désastre. Les forces de la jeunesse n’y voient qu’un excitant à l’accomplissement de la justice et de la réparation. »

« Et heureux sommes-nous qu’il l’ait été plutôt que moine puisque notre histoire, sans lui, eut été manqué à être ce qu’elle devait. »

Pour parler de Saint Louis aidant les maçons et portant les pierres aux murs de Royaumont : « Le jeune roi déclare qu’il ira travailler avec eux, enfiévré du désir de collaborer à la sainte maison (abbaye bénédictine de Royaumont). Et le voici, lui, souverain, dont au palais chaque geste est entouré de tant d’apparat, chez qui la majesté royale se nourrit et s’entretient d’un cérémonial continu, empoignant les brancards de la civière chargé de pierres. » 

« Il fallait être roi, s’occuper d’administration, de justice, régir son peuple, lutter contre les ennemies du royaume … »

Lors de sa rencontre avec Marguerite de Provence sa future épouse : « Le roi Louis qui pratiquait comme un moine les habitudes de la vie spirituelle répondit qu’il lui apprendrait à prier. »

« Il avait une habitude qui faisait que rien que de le voir, rien que de l’entendre, les esprits se sentaient doucement calmés ou apaisés. »

« Ce n’était pas le temps de la communion fréquente. Ce roi si fervent ne se permettait de recevoir le corps sacré du christ que six ou huit fois par an : à Pâques, à la Pentecôte, à l’Assomption, à la Toussaint, à Noel, à la purification de Notre Dame. Des jours entiers se passaient à désirer cette union avec le christ. »

« Fâce à une injustice sur l’emprisonnement des clercs français en Allemagne … il bouillait de toute sa jeune force et des révoltes de son esprit de justice offensé … »

Pour parler du St roi Louis : « Il est simple, d’accès facile, le plus humble des hommes ce souverain dont nous avons appris qu’il n’a jamais tutoyé le moindre de ses sujets : respect de la personne humaine ; abaissement du chrétien devant ses frères : « il ne faisait injure à qui que ce fût par faits ni par parole ; ne méprisait ni ne blâmait nul en aucune manière, mais il reprenait très doucement en corrigeant : « Reposez-vous » ou soyez en paix. Ne faites plus telles choses désormais, car vous pourrez bien en porter peine. » »

L’humilité passionné du monarque : « il remarque un pauvre plus vieux et plus misérable que les autres. Il commanda que l’on apporte la propre part royale = une fois que le viel homme eut mangé la viande, lui, vrai humble, la fit apporter devant lui pour qu’il en mangeat après que le vieil homme eut mangé la viande. Celui qui regardait notre seigneur Jésus-Christ ne craignait pas de manger les restes de ce pauvre vieillard. »

« Le 21 Juillet 1242, l’armée française se dirige vers la forteresse de Taillebourg pour la raser car trop puissante. Durant l’opération, le frère du roi d’Angleterre Richard demande une trêve de 24 heures. Le roi de France répondit : « Seigneur conte, je vous accorde trêve pour ce jour-ci et la nuit suivante afin que vous ayez le temps de délibérer à part vous sur ce qu’il vous reste de mieux à faire désormais, car la nuit porte conseil. » L’élan des anglais fut brisé. Le soir même, les troupes d’Henry III pliaient bagage et se retiraient sur la ville de Saintes. »

« Le roi de France fait une foi de plus preuve d’une grande clémence lorsque le comte Herthold (de sang anglais avec un château français) vient s’agenouiller piteusement aux pieds de St Louis, il lui dit : « Sir conte Herthold, ton attachement à n’est pas faute à mes yeux et je t’en loue. Un homme si fidèle à son seigneur ne pourra que l’être envers moi ; et je te prends, toi, ta personne, ta famille et tes biens sous ma garde et protection. » Celui-ci pleure beaucoup. Le roi de France, plein d’un noble envoi, lui rendit son château. »

Saint Louis à sa mère Blanche de Castille : « Oh ma mère, que les consolations célestes nous soutiennent car si cette nation vient sur nous, ou nous feront rentrer ces tartares dans leur demeure tartaréennes, ou ils nous feront monter tous au ciel ! » Saint Louis 

L’attitude de Saint Louis si bienveillante envers ces inférieurs : « Et voilà que se sentant mourir, il veut les remercier pour tous ces offices qu’ils ont tenus près de lui, et ceux qui ont dormi dans sa chambre, et ceux qui ont tranché ses viandes à table, et ceux qui l’habillèrent, et ses chapelains qui disait ses messes et chantaient avec lui ses heures ou lui faisaient de saintes lectures. »

Le saint Louis à l’article de la mort qui est rappelé sur terre : « L’orient m’a visité d’en haut et m’a rappelé d’entre les morts … »

La réponse du roi concernant les dépenses : « Dieu m’a tout donné, ripostait le roi ; de ce que j’ai, je n’ai rien que je ne tienne de lui. Ce que je mets de cette manière, c’est le mieux mis. »

« On sait que, dans quelque résidence qu’il fut, cent vingt pauvre devaient toujours être nourris en son hôtel. Son bonheur consistait alors à les servir. (…) Saint Louis découpait viande et poisson devant eux, mettant les mets dans les écuelles, et, à leur dépens, ajoutait une grosse aumône au festin. »

« Saint Louis lavait et frottait les pieds des pauvres … lorsque le saint roi avait lavé et essuyé chacun des pieds, il les baisait dévotement et avec amour, combien qu’ils fussent rogneux ou horribles. »

« Mais il savait que la charité ne vaut rien si l’on ne pratique pas en même temps la justice, qui est comme la splendeur de l’aspect de Dieu. « Suis-je absolument juste moi-même ? » se demanda un jour le saint roi. « Et il s’examina, avant de donner du sien, sur le point de savoir s’il ne tenait rien des autres. » »

Sur l’incroyable sens de la justice de Saint Louis : « En 1247, il commanda à ses baillis qu’ils fissent appel à leurs administrés afin que tous ceux qui avaient à se plaindre du roi, ou qui se croyaient lésés, ou qui brulaient de réclamer, réclamassent en toute liberté et plaidassent aisément pour défendre leur droit. (…) Le lendemain, du palais il s’en alla nu-pieds, vêtu cette fois en pèlerin, à la messe de Notre-Dame de Paris, ou les tailleurs de pierre sculptaient encore la façade. Quand il sortit, tout le peuple de Paris, idolâtre de lui, s’était massé devant la maison. Dieu pour lui faire escorte. »

Sur le courage et l’exemplarité du roi saint Louis à Damiette (7ème croisades) : « Le roi, qui ne connaissait pas les troupes ennemies, demanda qui étaient ces gens. On lui dit : « Les soldats sarrasins ! » A ces mots il met la lance sous le bras, la targe devant sa poitrine et fonce en avant. Il fallut le tenir de force pour l’empêcher de se jeter dans la mêlée. Les « prudhommes » qui s’en chargèrent eurent grande peine à les mettres à l’abris. » 

Lors de la prise de Damiette : « Son grand souci au départ, lorsque les troupes d’occupations se retirèrent de cette ville, fut d’éviter les massacres. Il défendit qu’on tuat les femmes et les enfants. Il ne désirait qu’une chose, c’est qu’on put leur conférer le baptême. Les hommes ? Ah ! Qu’on ne leur donnât pas la mort ! Qu’on les fit plutôt prisonnier car ainsi, dans les prisons, combien se convertiraient à Jésus-Christ ! »

« C’est dans l’amertume de notre cœur que nous rappelons cette perte douloureuse, quoi que nous dussions plutôt nous en réjouir, car nous croyons et espérons qu’ayant reçu la palme du martyr, il est allé dans la céleste patrie et qu’il jouit de la récompense accordée aux saints martyrs. »

Sur le visage inexprimable du héro que fut St Louis : « Ces navires vont charger de provisions pour la maison royale. Alors il commanda qu’on jetât à l’eau les légumes, les viandes et les fruits. Il fallut obéir. Tous les vivres furent noyés sauf ce qui pouvait suffire aux malades au moins pour les 8 jours. On embarqua dans les bateaux tout les soldats blessés ou malades… »

Un trait du noble roi St Louis : « les sommes versées pour le rachat du prince et de son armée ne pouvant être versé d’un seul coup, les turcs exigèrent une caution … Ils donnèrent au roi de France le choix : « Ou qu’il fut libéré et que les autres demeurassent en prison, ou que l’armée fut libre et lui retenu dans les chaines jusqu’au jours du versement de la rançon achevé. » La réponse du roi Saint Louis : « Je veux demeurer, s’écria-t-il, jusqu’à tant que le paiement soit parfait, et que les autres soit délivrés ! » »

Saint Louis ne supportant pas le mensonge : « Le roi n’indiqua que l’on n’est pas réglé les 10 000 livres restantes et fit en sorte que l’on règle 200 000 livres complet pour libérer le conte de Poitier. »

« Simple comme un enfant… se rendant sur les chantiers des fortifications en cotte de drap bien commun, avec un chapeau de coton, des souliers de sergent et n’hésitant pas à charger sur les épaules une hotte de pierre en compagnie des maçons. »

« Le royaume est une conception ramenée à un contrat idéal entre le prince et le peuple. Loyauté d’alors correspond à patriotisme d’aujourd’hui. Accroitre le domaine royal, c’est magnifier idéalement le peuple, parce que la foi commune, le lien qui unit tous les sujets, c’est le monarque. »

Sur le bannissement du royaume de Hugues de Jouy (maréchal de l’ordre du Temple) : « Car devant ces fiers templiers gonflés d’orgueil, gâtés par la suffisance dans cette Palestine ou ils sont tout puissants, il ne pouvait laisser l’affaiblissement du pouvoir. Le pouvoir royale comptait peu en terre sainte et les templiers y comptaient terriblement. Il y fallu un exemple foudroyant. (…) On essaya d’agir sur la reine pour intercéder auprès de Saint Louis. (…) Le roi n’obéissait pas ici à un sentiment personnel, à une rancune d’amour-propre outragé. Il faisait la France. »

Prière de Saint Louis du deuil de sa mère : « Beau sire Dieu, je vous rends grâce et merci de ce que par votre grâce et votre bonté vous m’avez prêté si longtemps ma très chère mère, et par mort corporelle l’avez prise et reçue par votre bon plaisir à votre part. Il est vrai, beau très doux père, J-C, que j’aimais ma mère par-dessus toutes les créatures, car elle l’avait bien mérité. Mais puisqu’il vous vient à plaisir qu’elle est trépassée, béni soit votre saint nom. »

Le retour de St Louis vers la France : « Trois toise de la quille ont été arraché en s’échouant sur un banc de sable (le bateau va couler). « Seigneurs, je vois que si je descends de ce vaisseau, il sera de refus ; personne n’en voudra plus. Je vois qu’il y a ici huit cent personne et plus, et parce que chacun aime autant sa vie que la mienne, nul n’oserait demeurer en ce vaisseau, mais ils demeureraient en Chypre. C’est pourquoi, s’il plait à Dieu, je ne mettrais pas autant de gens en péril de mort qu’il y en a céans, mais je demeurerai pour sauver mon peuple. » (…) A ce moment, on jette la sonde. Miracle ! Le navire ne touchait plus le fond, mais flottait maintenant. On cherche le roi et on le trouve prosterné, pieds nus, n’ayant sur le corps qu’une simple cotte, tout échevelé par le vent de mer et les bras en croix devant le corps du christ… »

Une autre anecdote de cette traversée sur la justice du saint roi (Il envoit des chaloupes pour chercher des fruits pour la reine dans l’ile de Pantellenie). Des mariniers racontent au roi que les sarrasins ont prit les galères, les galériens et les gens qui étaient dessus. Ils seraient dangereux de les attendre. La réponse du roi : « Quoi ! Je laisserais mes gens aux mains des sarrasins sans rien tenter pour les délivrer ? Je vous commande que vous tourniez les voiles et que nous allions leur courir sus. »

Le roi Saint Louis sur l’injustice : « Un qui avait été prévôt d’Amiens, pour ce qu’il avait malversé, fut ôté de la baillie et mis en prison, ou il fut longuement. Et il fallut qu’il vendît sa maison et ses possessions avant qu’il sortît de la prison du roi. Après cela, il fut tellement pauvre qu’à peine put-il avoir un roussin, quoi qu’il fût par devant fort riche. »

Sur le sens de l’honneur judiciaire : « une tendresse spéciale pour les petites gens, pour ceux du commun, pour les faibles, pour les pauvres, pour tout ceux que leur fortune ou leur rang ne protégeaient pas. »

La prévôté de Paris était possédée par un bourgeois de l’époque : « (…) alors il ne voulut plus que la prévôté fût vendue. Mais il donna de grand et bons gages à ceux qui dorénavant la garderaient. Et il abolit toutes les mauvaises impositions dont le peuple pouvait être grevé, il fit enquérir Etienne Boileau qui fit raide et bonne justice et qui n’épargnât pas plus le riche que le pauvre. »

Selon le confesseur de la reine, Saint Louis recherchait même la justice de Dieu lorsqu’on l’attaque (Dame Sarrette au tribunal) : « Fi ! Fi ! Eusses-tu dû être roi de France ! Beaucoup mieux eu valu qu’un autre fut roi car tu es une sorte de frère mineur ou prêcheur ! Grand dommage d’être roi de France et grande merveille que tu n’es pas bouté hors du royaume ! (La-dessus, les sergents du palais se précipitent sur l’anticléricale de l’époque pour la battre d’abord et la chasser ensuite). Saint Louis se garde de les laisser faire et dit : « Certes, vous dites vrai, dame Sarrette, je ne suis pas digne d’être roi, et s’il eut plu à Notre Seigneur, il eut été mieux qu’un autre l’eut été à ma place qui aurait mieux su gouverner le royaume. 

Le sénéchal a seulement entendu dire au roi, dans la passion que celui-ci avait de la piété et de l’amour de son Dieu : « Je voudrais être marqué d’un fer chaud, à condition que tous les vilains jurements fussent ôtés de mon royaume ! »