
Testament de Saint Martin de Tours
Je rends grâce à Dieu de ce qu’il m’a donné la force de mener une vie agréable à ses yeux. Ayez donc, mes frères bien-aimés, la paix entre vous. Ne cherchez pas à vous enrichir, ni à plaire aux passions du siècle présent, mais tenez-vous dans la pureté, dans l’humilité et dans l’amour mutuel. Soutenez les faibles, consolez les affligés, soyez miséricordieux envers tous, et gardez-vous de l’orgueil, de la colère et de l’injustice. Aimez la vérité, honorez la justice, et craignez Dieu avec un cœur sincère. Veillez à vous-mêmes, afin que lorsque viendra le moment de votre départ, vous puissiez, comme moi, vous présenter devant le Seigneur avec confiance, sans crainte, dans la paix et la joie.
Citations de Saint Martin de Tours
Voici des extraits du livre « La vie de Saint Martin de Tours » par Sulpice Severe
« Martin embrasse encore jeune la carrière des armes, et servit dans la cavalerie, d’abord sous Constance, puis sous Julien Cesare ; non par gout cependant, car, dés ses premières années, cet illustre enfant ne respirait que le service de Dieu. »
« A l’armée, Martin se contenta d’un seul valet, que bien souvent, intervertissant les rôles, il servait lui-même : il allait jusqu’à lui ôter ses chaussures et à les nettoyer ; ils prenaient leur repas ensemble, et le plus souvent c’était le maitre qui servait. »
« Il consolait les malheureux, secourait les pauvres, nourrissait les nécessiteux, donnait des vêtements à ceux qui en manquaient… »
« Un jour, au milieu d’un hivers dont les rigueurs extraordinaires avaient fait périr beaucoup de personnes, Martin, n’ayant que ses armes et son manteau de soldat, rencontra à la porte d’Amiens un pauvre presque nu … Que faire ? Il ne possédait que le manteau dont il était revêtu, car il avait donné tout le reste ; il tira son épée, la coupa en deux, en donna la moitié au pauvre et se revêt du reste. »
« La nuit suivante, Martin s’étant endormi vit Jésus-Christ revêtu de la moitié du manteau dont il avait couvert la nudité du pauvre ; et il entendit une voix qui lui ordonnait de concidérer le seigneur et de reconnaitre le vêtement qu’il lui avait donné. (…) Le seigneur dit aux anges « Martin n’étant encore que catéchumène m’a revêtu de ce manteau. » »
Les paroles de St Martin à César : « Je vous ai servi, César ; permettez que ceux qui doivent combattre acceptent vos dons ; moi, je suis soldat du christ, il ne m’est plus permis de combattre. » Saint Martin
« Si l’on attribue ma résolution à la peur et non à ma foi, demain je me présenterai sans armes devant l’armée ennemie, et au nom du Seigneur Jésus, armée du signe de la croix, et non du casque et du bouclier, je m’élancerai sans crainte au milieu des bataillons ennemis. » Saint Martin
« L’empereur Julien le fit aussitôt conduire en prison, et ordonna de l’exposer le lendemain sans armes devant l’ennemi, selon ses désirs. Le jour suivant, les ennemis envoyèrent des ambassadeurs pour traiter de la paix, se rendirent, et livrèrent tout ce qu’ils possédaient. »
« L’évêque Hilaire, dans sa sagesse, vit bien qu’il ne se l’attacherait qu’en lui conférant un emploi, dans lequel, il ne lui rendrait pas justice ; il voulut donc qu’il fut exorciste. »
« Lors d’un voyage dans les Alpes, Martin est dépouillé et livré à des brigands. On lui demande si il a peur : « Martin répondit alors avec courage qu’il n’avait jamais été plus tranquille, parce qu’il savait que la miséricorde du seigneur ne lui ferait jamais défaut, surtout dans les épreuves, et que c’était plutôt lui qu’il plaignait, puisque le brigandage auquel il se livrait le rendait indigne de la miséricorde de Dieu. (…) Il prêcha au voleur la parole de Dieu. Qu’ajouter à cela ? Le voleur crut en Jésus-christ, accompagna Martin qu’il remit dans son chemin, en se recommandant à ses prières. »
« Un catéchumène veut s’instruire de Saint Martin, Martin s’absente 3 jours et le catéchumène est retrouvé mort. L’évènement avait été si soudain, qu’il avait quitté la terre n’ayant pas encore reçu le baptême. (…) Martin accourt, pleure et se lamente. Il implore le saint esprit, il fait sortir tout le monde, et s’étend sur le cadavre du frère. (…) A peine deux heures s’écoulent, qu’il voit tous les membres du défunt s’agiter faiblement ; et les yeux s’entrouvrir. »
« Dans un village, il apprend qu’un des esclaves vient de se pendre. Il entre aussitôt dans la chambre ou était le corps, fait sortir tout le monde, s’etend sur le cadavre, et prie pendant quelque temps. Bientôt le visage de l’esclave s’anime. »
« Martin remplit ses fonctions d’évêque d’une manière pleine d’autorité et de bonté, sans cesser pour cela de vivre comme un moine, et d’en pratiquer les vertus. »
« Martin voulait faire abattre un arbre sujet à des divinations. On lui dit : « Si tu as quelques confiance dans le Dieu que tu sers, nous abattrons nous-mêmes cet arbre ; consens à le laisser tomber sur toi, et si, comme tu le dis, tu es protégé par ton Dieu, tu n’éprouveras aucun mal. » (…) Martin permet de faire ce qu’on demande ; la foule se résigne à la perte de l’arbre, si sa chute doit écraser l’ennemi de leurs dieux. (…) Les moines perdent espoir et confiance et attendent la mort de Martin. (…) Le pin eclate avec fracas, tombe, et se précipite sur Martin, qui, élevant la main, lui oppose le signe du salut. Aussitôt, l’arbre va tomber de l’autre côté, ou il manque de renverser les paysans, qui s’y croyaient fort en sureté. »
« Martin était occupé à renverser des idoles, un païen voulut lui donner un coup de couteau ; au moment où il allait le frapper, le fer s’échappa de ses mains et disparut. »
« Martin était si puissant pour la guérison des malades, que presque tous ceux qui venaient à lui étaient guéris. Une preuve. Il se trouvait à Trèves une jeune fille atteinte d’une paralysie si complete, que tous ces membres, depuis longtemps, lui refusaient leur service, ils étaient déjà comme morts, et elle ne tenait plus à la vie que par un souffle. (…) Son père va voir Martin et le vieillard l’implore. (…) Martin se prosterne alors devant la fille et prie ; ensuite, regardant la malade, il demande de l’huile ; après l’avoir bénite, il en verse certaine quantité dans la bouche de la jeune fille, et la voie lui revient aussitôt ; puis peu à peu, par le contact de la main de Martin, ses membres, les uns après les autres, commencent à reprendre la vie ; enfin, ses forces reviennent, et elle peut se tenir debout devant le peuple. »
« Tetradius (un consulat) promit de se faire chrétien, si son serviteur était délivré du démon. Martin impose les mains à l’esclave, et en chassa l’esprit immonde. A cette vue, Tetradius crut en Jésus-Christ ; il fut aussitôt fait catéchumène, baptisé peu de temps après, et il eut un respect affectueux pour Martin. »
« Un jour qu’il entrait à Paris, comme il passait par une des portes de cette cité, avec une grande foule de peuple, il bénit et baisa un lépreux dont la figure affreuse faisait horreur à tous ; celui-ci fut aussitôt guéris et vint le lendemain à l’église, avec un visage sain et vermeil, rendre grâce à Dieu pour la santé qu’il avait recouvrée. »
« Un jour le démon se présenta devant sa cellule, pendant qu’il priait, précédé et environné d’une lumière éclatante (afin de mieux le tromper par cet éclat), portant un manteau royale, ceint d’une couronne d’or et de pierres précieuses, avec des chaussures dorés, le visage gai, la physionnomie sereine, pour ne pas être reconnu. Martin est d’abord stupéfait. (…) Le diable prend la parole le premier. « Reconnais donc, Martin, celui qui se présente à toi, je suis le christ ; devant descendre sur la terre, c’est à toi le premier que j’ai voulu me montrer. » Le diable insiste : « Martin, pourquoi hésites tu à croire, puisque tu me vois ? Je suis le christ. » Mais le saint-esprit fit connaître à Martin que ce n’était pas Dieu, mais le démon. « Jésus Notre-Seigneur, n’a point annoncé qu’il viendrait vêtu de pourpre et couronné d’un diadème ; je ne croirai à sa présence que lorsque je le verrai tel qu’il était lorsqu’il souffrit pour nous, portant les marques de son supplice. » A ces mots, satan disparut comme une fumée. »
« Comme les forgerons qui frappent sur l’enclume pour se soulager pendant leur travail, Martin priait sans cesse, quoiqu’il parût occupé d’autre chose. »
« Martin connut l’heure de sa mort longtemps d’avance, et annonça à ses frères que la dissolution de son cœur était proche. Ses disciples lors de l’annonce de sa mort s’écrient en gémissant : « O tendre père ! Pourquoi nous abandonner et nous laisser dans la désolation ? Des loups avides de carnage se jetteront sur votre troupeau ; si le pasteur est frappé, qui pourra le défendre ? Nous savons bien que vous souhaitez ardemment de posséder Jésus-Christ ; mais votre récompense est assurée, et elle ne sera pas moins grande pour être retardée ; ayez pitié de nous que vous allez laisser seuls. »
« Seigneur, si je suis encore necessaire à votre peuple, je ne refuse pas le travail : que votre volonté soit faite. Seigneur, j’ai livré de rudes combats sur la terre : n’est-il donc pas temps que je jouisse du repos ? Si pourtant vous me commandez de combattre encore devant le camp d’Israel pour la défense de votre peuple, je ne vous refuserai pas ; non ; mon grand âge ne m’arrêtera pas, je remplirai mon devoir avec zèle ; je combattrai sous vos drapeaux aussi longtemps que vous me l’ordonnerez. Le vétéran qui a blanchi sous les armes soupire pourtant avec impatience après ce congé qui doit être la récompense de ses longs travaux. N’importe, mon courage me fera triompher du poids des années. Et pourtant, Seigneur, quel bonheur pour moi, si vous daignez avoir compassion de ma vieillesse ! Mais que votre volonté s’accomplisse. Si je vais à vous, ne prendrez-vous pas soin vous-même de ces chers enfants, pour qui je redoute tant de dangers ? O homme aimable, que ni le travail ni la mort même ne peuvent vaincre ! »
Au moment de sa mort : « Laissez-moi, mes frères ; laissez-moi regarder le ciel plutôt que la terre, afin que mon âme prenne plus facilement son essor vers Dieu. »
Au moment de sa mort : « Des témoins de sa mort atteste qu’en ce moment son visage parut celui d’un ange, et que ses membres devinrent blancs comme la neige. »
« Martin rayonne d’une joie céleste, est reçut dans le sein d’Abraham. Martin, si pauvre en ce monde, menant une vie si simple, entre riche dans le ciel, d’où, je l’espère, il veille sur nous, sur moi qui écris ces lignes, sur vous qui lisez. »